Les Perruches Ondulées

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le diamant bavette

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1 le diamant bavette le Sam 19 Mai 2012 - 9:27

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Illustration : Diamant Bavette Cincta : "Poephila Cincta"



Je vous présente un des oiseaux préférés des éleveurs de petits passereaux. Comme la majorité des passereaux élevés en captivité, le Diamant à longue queue est un Estrididés d'origine australienne. Il a été découvert et décrit par le peintre et ornithologue John Gould en 1839. Cet oiseau est assez commun sur les grands marchés occidentaux puisqu'il est bien acclimaté à la reproduction en captivité. Malgré tout, il faut être un éleveur d’expérience intermédiaire pour avoir du succès avec cet oiseau. Cet article a pour but d'indiquer aux amateurs quelques trucs qui viennent de mon expérience personnelle. Mais avant tout, voici une description générale de l'espèce.

Il s'agit d'un oiseau très noble, d'allure élancée qui mesure près de 15 cm; le plumage du corps est gris tourterelle, le ventre est plus pâle tirant sur le beige; la tête est gris argenté et les yeux sont ornés d'une bande noire; une large bavette noire caractéristique orne sa gorge jusqu'au poitrail; une bande noire pare ses flancs; la queue est aussi noire et elle se distingue par les deux rectrices externes longues et fines; un point blanc se trouve de chaque côté, à l'extrémité des deux premières rectrices. Il existe deux sous-espèces qui se distinguent par la coloration du bec : Poephila acuticaudata hecki, à bec rouge, se retrouve dans la partie nord-est du Territoire du Nord australien ; Poephila acuticaudata acuticaudata, à bec jaune, se rencontre dans la région occidentale de l'Australie du nord. À l'état sauvage, ces oiseaux sont associés à la strate arbustive de la végétation des savanes et ils nichent dans les buissons ou les herbages (d'où le nom anglais de "Long-tailed Grassfinch"). Si la savane offre des eucalyptus, ils nicheront volontiers au faîte de ces arbres. Le chant du mâle est très mélodieux bien que très peu puissant. La sous-espèce à bec jaune est virtuellement disparue du marché québécois. Personnellement, je ne connais qu'un seul éleveur qui possède un mâle à bec jaune. Le mélange d'un bec rouge avec un bec jaune donne des jeunes au bec rouge orangé ce qui est une faute en regard du standard de l'espèce.

Ces oiseaux sont très rustiques et s'adaptent bien à la vie en captivité. Ils sont peu sensibles au froid, cependant il est préférable de ne pas les laisser dans les volières extérieures durant l'hiver (surtout ici, au Québec). Ils sont relativement sociables, supportent bien la présence d'autres espèces d'oiseaux, bien que plusieurs individus développent un comportement dominant et devront être isolés. Ils supportent aussi bien la vie en cage (de bonne dimension, 60 cm de long est préférable) qu'en volière. On les nourrit avec un bon mélange à pinson comprenant millet, panic alpiste et mil du Sénégal. On doit compléter l'alimentation avec des graines germées et de la pâté aux œufs, surtout en période de reproduction. Cette espèce nichera volontiers dans un nid de paille tressé, une boîte de bois (une jour je vous écrirai un article sur les différents nids utilisés par les éleveurs, avec leurs défauts et leurs avantages). Une nichée se compose de 4 à 6 petits œufs blancs.

En captivité, rares sont les couples qui couvent bien ou qui mènent à bien l'élevage des petits. Selon mon expérience, un couple sur 4 est constitué de bons parents et cela n'est pas régulier; c'est-à-dire que un couple qui mettra à terme une nichée ne renouvellera pas systématiquement cet exploit par la suite. Je ne sais pas si ce phénomène est causé par une carence alimentaire ou par un stress causé par notre présence. Dans tous les cas, je recommande aux éleveurs qui débutent avec cette espèce d'utiliser des parents d'adoption tels les moineaux du Japon, Lonchura strita domestica, ou le Diamant mandarin, Poephila guttata et ce dès que la femelle a fini de pondre ses œufs, ce qui vous obligera d'avoir des parents adoptifs qui auront pondu à peu près à la même date. Si vous réussissez à avoir des oisillons, il faudra que vous les laissiez avec les parents (ou les parents adoptifs) durant trois mois. Si vous ne prenez pas cette précaution, les jeunes se laisseront mourir de faim et ce, même s’ils sont sevrés après seulement un mois.

Les couples sont très unis et il est difficile de les séparer après qu'ils se sont formés. Ces oiseaux sont très "amoureux" et ils se suivent sans cesse. On voit les deux oiseaux toujours serrés l'un près de l'autre, se lissant mutuellement les plumes. Il est possible d'hybrider cet oiseau avec d'autres espèces du genre Poephila ou même avec des moineaux du Japon. M. André Vigier a déjà réussi l'hybridation avec le moineau du Japon, M. Jean-Luc Labre a réussi avec le Diamant bavette Poephila cincta ; pour ma part, j'ai réussi l'hybridation mâle-femelle et femelle-mâle avec le Diamant de Bichenow Poephila bichenovii et certains ouvrages parlent d'hybridation avec le Diamant à masque Poephila personata. Malheureusement, les hybrides n'étaient pas fertiles, sauf ceux effectués avec le Diamant bavette.


Bonne chance.

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